NNDB
Dans une petite ville accrochée au bord de l’océan, il existait une vieille horloge que personne ne savait réparer. Elle trônait au sommet d’une tour de pierre, immobile depuis des décennies. Les habitants disaient qu’elle s’était arrêtée le jour où le phare voisin avait cessé d’éclairer la mer.
Au pied de cette tour vivait une jeune apprentie mécanicienne nommée Lina. Elle passait ses journées à démonter des réveils cassés et à réparer des radios abandonnées. Mais chaque soir, avant de rentrer chez elle, elle levait les yeux vers l’horloge silencieuse.
Un hiver, une tempête terrible frappa la côte. Les vagues engloutirent les quais et le brouillard avala complètement le phare. Les pêcheurs ne pouvaient plus sortir en mer.
Le lendemain, Lina monta seule les centaines de marches de la tour. À l’intérieur, l’horloge était immense : des engrenages rouillés, des chaînes couvertes de poussière et, au centre, un mécanisme étrange en forme d’étoile.
En observant attentivement, elle remarqua qu’une seule pièce manquait.
Pas cassée.
Pas usée.
Simplement absente.
Pendant plusieurs jours, Lina fouilla les ateliers oubliés de la ville. Finalement, dans le sous-sol d’une ancienne boutique fermée depuis longtemps, elle trouva une petite roue en cuivre gravée d’un symbole identique à celui du mécanisme étoilé.
Quand elle la plaça dans l’horloge, quelque chose se produisit.
Un premier clic résonna.
Puis un deuxième.
Les engrenages se remirent lentement en mouvement.
Et à minuit exactement, la grande aiguille bougea pour la première fois depuis cinquante ans.
Au même instant, au loin, le phare se ralluma.
Une lumière immense traversa le brouillard et illumina l’océan noir.
Les habitants sortirent dans les rues, stupéfaits. Certains pleuraient. D’autres regardaient simplement la mer en silence.
Lina, elle, resta seule dans la tour à écouter le tic-tac régulier de l’horloge.
Car elle venait de comprendre quelque chose que toute la ville avait oublié :
certaines machines ne tombent pas en panne parce qu’elles sont cassées…
mais parce qu’on cesse de croire qu’elles peuvent encore fonctionner.
